Parc national des Calanques : le VTT reste autorisé, sauf « pratiques engagées ». Que faut-il entendre ?

Le Conseil d’administration du Parc s’est réuni en visioconférence le 10 février 2021 et a approuvé à l’unanimité un « schéma de cohérence des sports et loisirs de nature ». Contrairement aux orientations qui avaient été présentées le 23 janvier 2020 et qui prévoyaient une interdiction générale du vélo, assortie d’autorisations partielles, le projet ne mentionne plus que des interdictions partielles, notamment celle des « pratiques engagées du VTT ». Inversement il parle de « promouvoir une pratique douce ».

Le communiqué de presse du Parc ne donne pas plus de précisions. Un article du quotidien la Provence, paru le lendemain, précise vaguement : « trial, cross, descente dans les éboulis, etc. ». Si cette dernière expression nomme précisément une activité hors sentier agressive pour l’environnement, les deux premiers termes ne peuvent que créer de la confusion, notamment chez le grand public. Alors que, paradoxalement, le cross (cross country) est justement, dans l’éventail des diverses pratiques du VTT, celle qui est la moins engagée, le terme renvoie dans l’imaginaire à la moto cross, supposée destructrice de la nature. Quant au trial, qui se pratique sur un petit terrain aménagé, le plus souvent sur des structures artificielles, il ne devrait avoir rien à faire dans le propos, sauf pour jeter la pierre à l’habileté technique de certains vététistes.

Depuis les premières discussions avant la création du Parc, jusqu’à maintenant, malgré les éclaircissements réclamés par les pratiquants, les projets de réglementation n’ont malheureusement jamais réglé les vrais problèmes. Le Parc persiste et signe, en opposant aujourd’hui « pratique douce » et « pratiques engagées ». Même en supposant que les responsables, qui ont rédigé le schéma des sports, ne comprennent rien au VTT, ceux-ci ont bien dû entendre les maintes clarifications effectuées par les pratiquants ou leurs représentants. Il y a de leur part une volonté manifeste d’enfumer le débat.

L’épineux dossier du Vallon de Jarre, qui a malheureusement tendance à focaliser l’attention, est, à la fois, très peu représentatif de ce qui se roule en général dans le Parc, et exemplaire pour notre propos. Il s’agit d’un petit secteur, où des « jeunes », habitant à proximité, avaient, déjà bien avant l’existence du Parc, créé des pistes de descente et des champs de bosses. Un arrêté du 10 septembre 2020 a interdit ces pratiques. Plutôt que ces interdictions brutales (et la répression déjà effective), un aménagement concerté du site, respectueux à la fois de l’environnement et des pratiquants, serait certainement possible et souhaitable, mais il s’agit d’un autre problème. Ce qu’il faut noter, c’est que l’interdiction (pas nouvelle) porte sur le hors sentier et n’a absolument rien à voir avec le caractère engagé de la pratique.

Le communiqué de presse du Parc parle de « Permettre la circulation des vélos sur un réseau autorisé de pistes carrossables DFCI et de sentiers », et également de « Définir une offre permettant aux pratiquants de profiter d’un itinéraire de traversée des Calanques et de boucles adaptées à différents niveaux ».

C’est un point de progrès qu’il faut saluer. Le danger qui subsiste c’est que soit interdit ce qui n’est pas balisé VTT.

Même si le Président du Parc, Didier Réault, reste opposé à tout principe d’interdiction, rien ne semble encore gagné, il faut rester vigilant vis à vis du retour de toute formulation générale restrictive que l’administration du Parc pourrait encore chercher à imposer. Dans tous les cas, et comme depuis plus de 10 ans, nous demandons à être associés à ces travaux.

6 thoughts on “Parc national des Calanques : le VTT reste autorisé, sauf « pratiques engagées ». Que faut-il entendre ?

  1. La direction du parc n’est pas l’ennemi des pratiques respectueuses du milieu et des autres pratiquants !! Il faut simplement rester sur les chemins et sentiers sans créer de nouveaux  » Singles  » même si le nouveau tracé qui vous tente vous paraît plus « Fun  »
    . L’existence du parc est un petit miracle qui à permis après plusieurs années de lutte des associations de préserver les calanques de bétonnage massif et des constructions de routes corniches pour les touristes ,levez la tête de vos cintres VTT ,DH,enduro,all-mountain et autres !! Ces milieux sont très fragiles ! Chaleur, manque d’eau,agression saline !!

    1. Bien sûr, on y pense tous les jours qu’on profite de ce lieux préservé !
      Le but n’est pas d’en faire un spot à VTT, juste de défendre ceux qui y roulent, depuis 30 ans.
      Rester sur les sentiers, ne pas en créer de nouveau, cela est évident.

    2. Peut être devriez vous prendre conscience que certains sont nés la , j’ai participé durant toute ma vie a préserver ces lieux , et depuis 5ans a cause de la com liée ai Parc j’ai vu la destruction de ces lieux …. Donc les leçons des gens qui pensent être les gardiens des lieux me font bien rire …. J’ai connu ces collines e paradis préservé je les vois aujourd’hui livrée a une invasy incontrôlée de chasseurs de clichés ! Donc passez vôtre chemin avec vos beau conseils ..
      Dans les calanques nous sommes chez nous et personne ne dyruit jamais son « chez soi « 

    3. Avant la création du Parc, le classement du site le protégeait déjà parfaitement du bétonnage. Au moment de l’enquête publique au sujet de la création du Parc, en 2011, je me souviens très bien d’une réunion au siège du Club Alpin Marseille Provence, au cours de laquelle la représentante de France Nature Environnement avait présenté l’avis négatif de sa fédération, motivé par le fait que le découpage prévu sortait du cœur du Parc des zones classées auparavant, et qui pouvaient ainsi devenir constructibles. J’avoue ne pas avoir suivi la suite de cette affaire.
      Je préférais le temps où une association de défense des sites (le COSINA, dont j’ai un peu connu le président, le regretté Pierre Morizot) veillait au grain, à la gestion actuelle par notre belle bureaucratie !

  2. Trop facile et faux. Vous êtes employé pnc ou membre d’asso-partenaire pnc gavée de subventions ? Plus personne n’ose dire cela, même le pnc avoue son échec aux objectifs de sa création : depolluer et limiter la fréquentation. Le périmètre protégé à régressé au profit de celui du pnc (zones inconstructibles qui le sont devenues, exemple la cayolle, vallon de sormiou). Ne faites pas la morale avec vos arguments qui ne valent rien face aux réalités. Les calanques étaient protégées et surveillées et les residents/assos parties prenantes bénévolement. Aujourd’hui ne sont plus considérés. Ne fonctionnent que les assos copines qui reçoivent force subventions (ex chemin audio guidé vallon de la jarre). Et justement pour revenir au sujet vtt dans ce vallon, les enfants qui font depuis 50 ans du vélo-cross sur ces terrains le font sur une decharge. Le savez-vous ? Alors pourquoi ne pas depolluer plutôt que justifier ici l’interdiction vtt par la protection de plantes rares (qui n’existent en fait que dans la zone restreinte de dunes) ? Et ancienne carrière chouraqui la cayolle, quel intérêt à interdire le vtt ici dans un paysage de decharge ? Les assos et residents ont lutté contre un pn, on leur a imposé et nous avons aujourd’hui les conséquences prévues de sur fréquentation, pollution accrue et sur-betonnisation. A bon entendeur…

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