Histoire de la croisade contre les cyclistes dans les Calanques : Chapitre 1 dès 2007, Utilisation de la biodiversité comme outil anti-vélo.

Dans cette série d’articles, nous allons passer en revue tous les moments clefs de cette histoire. Alors que le congrès mondial UICN a lieu en ce moment à Marseille et que ces questions sont sur la table.

Ce premier article nous allons remonter aux origines. Comment l’idée d’interdire le vélo est-elle née ? Est ce que cela peut notamment se reproduire ailleurs ? Si oui comment ?

2007, identification d’un site Natura 2000

Le réseau européen Natura 2000 est au départ un objectif qui reste plus que jamais prioritaire dans le contexte de protection de la biodiversité…

Outils fondamentaux de la politique européenne de préservation de la biodiversité, les sites Natura 2000 visent une meilleure prise en compte des enjeux de biodiversité dans les activités humaines. Ces sites sont désignés pour protéger un certain nombre d’habitats et d’espèces représentatifs de la biodiversité européenne. La liste précise de ces habitats et espèces est annexée à la directive européenne oiseaux et à la directive européenne habitats-faune-flore.

http://www.natura2000.fr/natura-2000/qu-est-ce-que-natura-2000

Ainsi dans le secteur, un Site Natura 2000
« Calanques, Iles Marseillaises, Cap
Canaille et Massif du Grand Caunet » a été identifié, et un DOCOB a été produit en 2007, finalisé en 2013.

Ce document est toujours en ligne et ce que l’on peut y lire sur le vélo est saisissant car il n’y a pas d’approche scientifique ni une quelconque nuance.

La pratique du VTT est en particulier strictement interdite en milieu naturel, c’est-à-dire en dehors des pistes

C’est exactement l’inverse en fait : nombre de pistes ont un panneau B0 à leur entrée, et la circulation sur les pistes DFCI non balisées n’est pas spécialement autorisée, car ces pistes peuvent avoir été tracées sur des terrain appartenenant à des tiers ! A l’inverse a minima tout ce qui a été balisé pour la randonnée est autorisé pour la randonnée… à vélo.

Alors que sur les pistes forestières, où elle est tolérée, la pratique du vélo se décline sous forme familiale ou de loisir, elle prend une forme radicalement plus sportive et individuelle sur les chemins étroits et les sentiers

Mais de quelle compétence sportive des naturalistes, forestiers peuvent-ils faire valoir pour être en droit de qualifier une pratique sportive ? En quoi une pratique loisir collective voire familiale ne peut avoir lieu sur chemins étroits ?
Quel rapport avec la protection de l’environnement ?!

Les Free ride VTT (VTT sauvage) pratiquée illégalement génère des dégradations importantes sur le milieu (érosion, descentes d’éboulis, création de pistes…) par la recherche de sites à difficultés.

Rouler hors sentiers c’est déjà illégal, pourquoi une telle caricature ?

Dans les domaines départementaux et domaniaux, le VTT est toléré uniquement sur les pistes, étant donné que les terrains concernés ne comportent pas d’itinéraires spécifiques dévolus

Encore une fois c’est faux, c’est le hors-sentiers qui est particulièrement interdit : « En aucun cas, ils ne pourront emprunter librement les sous-bois et traverser les éboulis » nous dit la réglementation départementale, dérivée du Code Forestier. Et pour cause, ce n’est que en pratiquant hors sentiers que l’on peut avoir un impact fort sur l’environnement !

Le mot « uniquement », ou « interdiction » notamment n’a pas été utilisé dans la phrase « la pratique est autorisée, sauf indication contraire, sur les parcours qui sont dédiés ».

Une indication contraire locale pourrait être justement que cela soit restreint aux seuls parcours dédiés, comme c’est d’ailleurs le cas pour l’équestre : « à condition de rester sur les pistes aménagées spécialement à cet effet »

Ainsi pour les sites départementaux de Marseilleveyre et de la Barrase, l’interdiction du VTT n’est pas mentionnée, contrairement à St Pons

source : http://www.calanques-parcnational.fr/fr/natura-2000 Tome 1

Ainsi, Le mal est déjà fait en 2007 !

Même si le DOCOB n’a pas de valeur réglementaire : c’est un document d’orientation, de référence, d’aide à la décision pour les acteurs ayant compétence sur le site : même si le DOCOB n’a pas de valeur réglementaire, il est important de savoir que toutes les décisions politiques (aides agricoles et forestières, urbanisme, aménagement du territoire…) s’appliquant sur un site Natura 2000 peuvent s’appuyer sur le DOCOB de ce site si celui-ci a été approuvé…

Dans le prochain article, nous allons voir quelle sera l’impact du projet de création du parc national.

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